Fraude au RIB : un fournisseur envoie de nouvelles coordonnées bancaires. Vrai ou faux ?
Un fournisseur vous envoie un nouveau RIB juste avant un virement. QoBot vous dit quoi vérifier, quel numéro appeler, et pose une règle simple pour tout changement de coordonnées bancaires. Si l'argent est déjà parti, il guide la première heure.
Ne payez pas tout de suite. Trois éléments ne collent pas : les réponses partent vers une adresse Gmail, le nouveau compte est en Lituanie alors que Cartonnages Morel facture depuis Angers, et l'e-mail demande de confirmer par retour. Avant le virement de 14 000 € prévu vendredi :
- Sophie (comptabilité): appeler Cartonnages Morel au numéro du contrat, leur faire lire l'IBAN à voix haute · ~5 minÀ vous
- Vous: valider le changement seulement une fois l'appel noté par Sophie · deuxième validationVotre accord
- Karim (prestataire informatique): publier l'enregistrement DMARC de votre domaine · consignes rédigées · ~15 minÀ vous
Faux RIB : qui fait quoi
Ce que fait QoBot
- Lit l'e-mail avec vous et liste les signaux d'alerte, en langage clair.
- Vous dit quel numéro appeler : celui que vous aviez déjà, jamais celui de l'e-mail.
- Rédige votre règle de changement de RIB, avec le nom de qui vérifie et de qui valide.
- Prépare le message qui prévient vos fournisseurs : vous n'acceptez jamais un changement de RIB par e-mail.
- Écrit les enregistrements DNS qui empêchent d'envoyer des e-mails en votre nom, pour la personne qui gère votre domaine.
- Si l'argent est parti : donne les gestes de la première heure un par un et prépare le dossier pour la plainte et l'assureur.
Ce que fait votre équipe
- Faire le contre-appel, et bloquer le virement tant qu'il n'est pas fait.
- Valider la procédure et la transmettre à ceux qui paient.
- Appeler votre banque tout de suite si un virement est déjà parti.
- Déposer plainte et déclarer le sinistre à votre assureur.
L’e-mail est-il faux ? Les signes à vérifier
Le faux RIB arrive par e-mail, souvent sous forme de nouvelle facture ou de courrier à l’en-tête du fournisseur. Avant toute chose, cherchez ces signes :
- Les réponses partent ailleurs. L’adresse de réponse (Reply-To) diffère de l’expéditeur, ou c’est une messagerie gratuite.
- L’adresse est presque la bonne. Une lettre changée (
cartonnages-more1.fr), un mot ajouté (cartonnages-morel-compta.fr), une autre extension. - Le nouveau compte est dans un autre pays que le fournisseur, ou dans une banque qu’il n’a jamais utilisée.
- Une raison de ne pas vérifier : un audit, une fusion de banques, un compte bloqué, un nouveau directeur financier.
- La pression : le paiement est dû aujourd’hui, le sujet est confidentiel, « merci de confirmer par retour de mail ».
L’absence de ces signes ne prouve rien. La messagerie d’un fournisseur peut être piratée : l’e-mail part alors de la vraie adresse et passe tous les contrôles techniques. C’est le contre-appel qui décide, jamais l’e-mail.
La règle qui arrête la fraude
Trois réflexes, écrits et connus de tous ceux qui paient :
- Rappeler sur un numéro que vous aviez déjà. Celui du contrat, d’une facture reçue avant la demande, ou du site du fournisseur tapé à la main. Jamais le numéro, l’adresse ou le lien de la demande. Demandez au fournisseur de lire le nouvel IBAN à voix haute, et comparez.
- Deux personnes pour tout changement de RIB. Celle qui saisit les nouvelles coordonnées n’est pas celle qui valide le premier virement. Dans une petite équipe, c’est le dirigeant qui valide.
- Bloquer le virement tant que l’appel n’est pas noté : date, numéro appelé, personne jointe. Un vrai fournisseur accepte un jour de délai ; un fraudeur insiste.
Votre banque vous aide aussi. Dans la zone euro, depuis le 9 octobre 2025, la banque vérifie que le nom saisi correspond au compte avant qu’un virement en euros parte ; les autres pays de l’UE suivent au plus tard le 9 juillet 2027, et les banques britanniques ont un contrôle comparable. Une « non-correspondance » veut dire : stop, rappelez. Une correspondance ne remplace pas le contre-appel.
La même règle vaut pour un salarié qui change de compte pour sa paie, un client qui demande un remboursement sur un nouveau compte, et un « virement urgent » demandé par un dirigeant : appelez la personne au numéro que vous connaissez.
L’argent est parti : la première heure
Chaque heure compte, alors n’attendez pas d’être sûr.
- Appelez votre banque maintenant, au numéro de son site ou de votre carte. Donnez le montant, la date et l’heure, et le compte destinataire. Demandez le rappel des fonds, ou le blocage si le virement n’est pas encore parti.
- Gardez les preuves : les e-mails avec leurs en-têtes complets, la facture, l’ordre de virement. N’effacez rien.
- Prévenez le vrai fournisseur par téléphone. Sa messagerie est peut-être piratée, et ses autres clients sont peut-être visés.
- Déposez plainte. Votre banque peut la demander pour traiter le rappel des fonds.
- Déclarez le sinistre à votre assureur, dans le délai de votre contrat.
- Vérifiez votre propre messagerie : règles de transfert, connexions inconnues, et changez le mot de passe. Si elle a été piratée, suivez les étapes d’un incident : des données clients peuvent être exposées.
Où déposer plainte dépend de votre pays :
| Pays | Où signaler |
|---|---|
| Tout pays de l’UE | Europol liste le service de signalement en ligne de chaque pays |
| France | Plainte au commissariat ou à la gendarmerie, ou par courrier au procureur de la République. 17Cyber vous aide 24 h/24. Si la fraude est passée par une messagerie piratée et que vous demandez une indemnisation à votre assureur, portez plainte sous 72 heures : la loi en fait une condition pour les cyberattaques |
| Allemagne | Le commissariat en ligne (Onlinewache) de votre Land, ou tout commissariat |
| Royaume-Uni | Report Fraud (ex-Action Fraud) pour l’Angleterre, le pays de Galles et l’Irlande du Nord ; Police Scotland au 101 en Écosse |
| QoBot donne les étapes une à une et prépare le récapitulatif que la banque, la police et l’assureur vous demanderont : montants, heures, comptes, e-mails reçus. Il ne promet jamais que l’argent reviendra. |
Empêcher d’usurper votre propre domaine
Les fraudeurs se font aussi passer pour vous, en écrivant à vos clients depuis compta@votre-entreprise.fr. Trois enregistrements DNS l’empêchent :
- SPF liste les serveurs autorisés à envoyer des e-mails pour votre domaine.
- DKIM signe chaque e-mail : le destinataire sait qu’il n’a pas été falsifié.
- DMARC dit aux destinataires quoi faire d’un e-mail qui échoue aux deux contrôles, et vous envoie des rapports.
DMARC se met en place en trois étapes : observer (p=none) quelques semaines, le temps de configurer chaque outil qui envoie en votre nom, puis mettre en quarantaine, puis rejeter. Seules les deux dernières étapes bloquent quelque chose. QoBot recense les outils qui envoient avec votre domaine, écrit les enregistrements exacts pour votre messagerie et rédige les consignes pour la personne qui gère vos DNS.
Questions fréquentes
L'e-mail vient vraiment de l'adresse de notre fournisseur. On peut payer ?
Pas sur cette base. Les fraudeurs écrivent souvent depuis la vraie messagerie du fournisseur, après l'avoir piratée : tous les contrôles techniques passent. Seul un appel à un numéro que vous aviez déjà confirme le changement.
La banque va-t-elle nous rembourser ?
Cela dépend de votre pays, du mode de paiement et de la vitesse de votre appel. La banque demande à la banque destinataire de restituer les fonds : plus vous appelez tôt, plus les chances sont bonnes. Elle peut demander une copie de votre plainte.
SPF, DKIM et DMARC arrêtent-ils cette fraude ?
Ils empêchent des inconnus d'envoyer des e-mails qui se présentent comme venant de votre propre domaine. Ils n'arrêtent ni un domaine ressemblant ni la messagerie piratée d'un fournisseur : la règle du contre-appel couvre ces cas.
DMARC est-il obligatoire ?
Aucune loi ne le cite. Le RGPD demande une sécurité adaptée au risque, et DMARC est un moyen courant de protéger votre domaine. Certains clients et assureurs le demandent.
QoBot peut-il appeler le fournisseur ou bloquer le virement ?
Non. QoBot vous dit quoi vérifier et prépare les documents ; votre équipe passe l'appel, et seule votre banque peut bloquer ou rappeler un virement.
Sources
- Règlement (UE) 2024/886 (virements instantanés), vérification du bénéficiaireEUR-Lex · la banque vérifie le nom du bénéficiaire avant le virement (art. 5 quater du règlement 260/2012)Texte officiel
- Banque centrale européenne : le règlement sur les paiements instantanésVérification du bénéficiaire : zone euro depuis le 9 octobre 2025, autres pays de l'UE au 9 juillet 2027 (en anglais)Page officielle
- Cybermalveillance.gouv.fr : la fraude aux faux ordres de virement (FOVI)Dispositif national · prévention, que faire si vous êtes victimePage officielle
- Cybermalveillance.gouv.fr : que faire en cas de fraude au faux RIBDispositif national · alerter la banque, garder les preuves, porter plaintePage officielle
- 17CyberGuichet national d'assistance aux victimes, 24 h/24Page officielle
- Code des assurances, article L12-10-1Légifrance · plainte sous 72 heures pour être indemnisé après une cyberattaqueTexte officiel
- Europol : signaler la cybercriminalité en ligneLiens vers le service de signalement en ligne de chaque pays de l'UE (en anglais)Page officielle
- Police allemande : commissariat en ligne (Onlinewache)Plainte en ligne auprès de la police de chaque Land (Allemagne)Page officielle
- Report Fraud (ex-Action Fraud)City of London Police · Angleterre, pays de Galles, Irlande du Nord ; en Écosse, Police Scotland au 101Page officielle
- RFC 7489 : DMARCIETF · avec la RFC 7208 (SPF) et la RFC 6376 (DKIM)Texte officiel
Cette page explique les règles simplement. Ce n'est pas un conseil juridique : pour un cas limite, demandez à un avocat. Signaler une erreur